jeudi 22 mars 2007

Réformes / Education et statuts des travailleurs. Entre commentaires et "sans commentaire"

Il est vrai que, parfois, les commentaires ne suffisent pas. La pire des choses serait toutefois que tout se passe, tout se fasse, tout continue sur le même mode habituel : sans commentaire.
Pour être sincère, je suis personnellement d’accord avec M. Ider, chef de l’UNPEF (Unin des professionnels de l'éducation et de la formation), sur le fait qu’il faille se méfier de la méthode Benbouzid qui consiste à chercher à faire confectionner le prochain Statut particulier des travailleurs de son secteur par les syndicats autonomes. De ce fait, il s’attribue le beau rôle, réduit son volume de travail et met à l’épreuve autant l’autonomie de réflexion, l’intelligence que l’efficacité des syndicats autonomes.
Cependant, il faut dire qu’il faut davantage, comme dans le proverbe, se méfier de l’eau qui dort : nous ne savons strictement rien des intentions du ministère du Travail et de la Sécu., ni de celles du ministère en charge de la formation professionnelle. Le premier devrait être le plus constamment en concertation avec les syndicats autonomes et j’ignore s’il en reçoit ; le second est pour quelques semaines encore lié au ministère de l’éducation par la loi de l’orientation scolaire et de la formation professionnelle et j’ignore s’il consulte les représentants des travailleurs de son secteur sur les projets qui le concerne.
Il faut dire que les travailleurs de la formation professionnelle ne sont pas aussi dynamiques que leurs collègues de l’éducation ; de ce fait, les parents et les médias comprennent déjà beaucoup mieux et voient davantage ce qui se passe au niveau de –et ce qui se prépare pour le seul secteur de l’éducation. C’est déjà bon, mais largement insuffisant pour tout le monde.
Faire des commentaires constitue déjà un usage de la liberté d’opinion et d’expression. Continuer à s’exprimer conduira à :
Pousser les syndicats à prendre conscience de toutes leurs responsabilités et de toutes leurs possibilités d’action ainsi que de tous les interlocuteurs qu’ils doivent mettre à l’épreuve et comment ;
Pousser les parents à mieux comprendre le système éducatif et le système de formation à lesquels ils confient leurs enfants. Les conduire à mieux comprendre les principaux enjeux qui sont en rapport avec ces deux systèmes, notamment à l’heure de la mondialisation. Les accompagner jusqu’à mieux concevoir et mieux percevoir la condition et les rôles multiples des syndicats, des syndicalistes et du syndicalisme. S’il faut passer par là pour parvenir à une situation où l’éducation et la formation impliquent effectivement toute la société, je considère que c’est à la fois édifiant et passionnant ;
Pousser les éducateurs qui sont en même temps parents et syndicalistes à investir les associations des parents d’élèves afin que ces associations jouent un meilleur rôle, celui d’appui à l’amélioration de l’éducation de l’enfant-élève sans toutefois se transformer en tribunes pour les adversaires de la concertation sociale sur ce qui la concerne, voire en camisole de force pour syndicalistes trop sérieux ;
Pousser le ministère de l’éducation à toujours mieux éclaircir les termes du débat tels qu’ils sont abordés ;
Pousser les ministères en rapport avec le monde du travail, de la sécurité sociale et de la formation professionnelle à faire preuve de présence en engageant le débat avec les acteurs sociaux que le Baobab de l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens) leur permet de cacher ;
Aider tous les intervenants dans ce genre de débat à approfondir leur réflexion, à lever les malentendus et à aplanir les divergences mineures, à évaluer ensemble et au plus près possible les enjeux, les nécessités et les possibilités de l’heure pour de meilleurs évolutions à moindre frais ;
Me permettre de faire davantage connaître les points de vue et les projections de mon syndicat, le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation, etc.
C’est déjà salutaire de constater que les médias au lectorat plus large commencent à se saisir des premiers éléments de ce débat sur les réformes des statuts des travailleurs et de l’éducation en particulier : la DDK, Racines-Izuran, Kabyle.com, etc.
Gageons que les membres de l’UGTA (et de la Fédé Nle Travailleurs de l'Education) ainsi que l’ensemble des candidats qui se présentent à la grande fiesta des législatives du 17 mai prochain vont démontrer, programmes de campagne à l’appui, des compétences de législateurs, l’idéal d’une école publique et gratuite pour toutes et tous ainsi que des ambitions de réformes, de rénovation et de novation sociales et progressistes.

Bien cordialement,

Tahar HAMADACHE.

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